Cette année, Noël reprendra pour moi ses températures hivernales et la tentation est grande de fuir vers une destination ailleurs. De fait, comment oublier les sonorités espagnoles des chants de Noël pour enfants ou le rythme des "anges de nos campagnes" à la mode antillaise (les "Chanté Nwel") ! Mais je n'ai pas trop le temps de gamberger car je suis plongé au coeur d'une réalité "métisse" passionnante à St Denis comme à Paris et c'est assez bon pour moi. A St Denis, je continue de travailler auprès de plusieurs groupes de jeunes et de catéchistes tous les WE tandis que le reste du temps est occupé par le Réseau Jeunesse Ignatien (RJI) dont je deviens le directeur (qui a dit que les jésuites avaient du discernement ?). Cette mission est plus du côté de l'organisation ("Festival Lalouvesc" l'été prochain) et de la coordination... Je passe avec plaisir d'une frontière à l'autre (banlieue/Paris, rapidité/lenteur, animation/coordination, etc.) et j'apprends à marcher sur le fil où les clichés tombent peu à peu des 2 côtés.

Mes bonnes résolutions chiliennes - prendre le temps, privilégier l'être plutôt que le faire, soigner la prière et l'écoute, être plus attentif à la nature ("aux arbres citoyens") - doivent s'exprimer autrement que je ne l'avais imaginé. Elles m'aident néanmoins à m'accrocher et à oser car la confiance qui m'est faite est grande et les services à rendre sont nécessaires. Tout cela ne m'empêche heureusement pas de faire un peu de musique (on a monté un "jez band" pour la fête de St François-Xavier le 3 décembre dernier), d'écouter de la musique latino ("te quiero") et de lire grâce aux heures passées dans le métro. Mon coup de coeur de ces jours-ci (un bon cadeau de Noël !) : la biographie d'Emmanuel Lafont, l'évêque de Cayenne qui a été curé de Soweto dans les années avant la libération de Mandela. Une profonde réflexion sur notre époque et ses violences, sur l'urgence d'une évangélisation respectueuse des cultures et sur un Evangile simple aux couleurs d'aimer.
Que vous souhaiter pour ces fêtes ? Plein de bonnes choses bien sûr. Mais dans une période pas toujours facile à vivre pour les uns et les autres (des sans-papiers avaient envahi les salles paroissiales où je fais aumônerie...) et dans un climat social morose, mon désir est de vous souhaiter du soleil comme s'il en pleuvait. Soleil dans le coeur et dans le ciel. Soleil, c'est aussi une manière de parler du Christ, vrai soleil ou "Soleil levant, sur ceux qui gisent dans la mort, Tu es venu pour que voient ceux qui ne voient pas, Et tu guéris l'aveugle-né. O viens, Seigneur Jésus ! Lumière sur le monde ; Que nous chantions pour ton retour : Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient sauver son peuple !" (Rimaud/Berthier)
Joyeux Noël
Manu Grandin(gue)
P.S : en cadeau une géniale flash mob en Martinique sur des musiques de Mickael Jackson (clin d'oeil à ma soeur Frédérique et à quelques autres avec qui, adolescent, j'ai dansé)



