
Le "hasard" a permis ces dernières semaines que je me retrouve à plusieurs reprises à Montmartre : avec des chiliens de passage pour visiter les lieux fréquentés par St Ignace et les premiers jésuites (martyrium), avec des confirmants de la paroisse de St Denis à l'abbaye bénédictine, à la communauté des Soeurs du Cénacle avec qui se prépare le "Festival JMJ Lalouvesc" de l'été prochain ou seul pour prier et contempler.
Contempler ainsi Paris fait remonter en moi 3 souvenirs précis : d'abord, mes longues balades (à l'époque je marchais encore !) à Dostaly, quartier où vit encore ma famille "au pays". Face à la mer, au ciel et au vent, une sensation de liberté et une foi en une présence plus grande que ma propre vie se sont inscrites à jamais en moi. Ce sont ces mêmes sensations que je ressens à Montmartre. Par ailleurs, je fais mémoire sur les marches de la Basilique de tous ceux, nombreux, à qui j'ai fait visiter ce lieu depuis 20 ans ou avec qui j'ai pris un verre ou assisté au super show d'évangélisation d'une chorale internationale...
Le dernier souvenir qui me revient : le film "Amélie Poulin" (2001). Bien sûr la musique envoûtante de Yann Tiersen m'habite encore (je l'ai écouté en boucle au Chili). Plus profondément encore, je reste touché par la douce nostalgie de ce personnage et par son énergie pour que les gens autour d'elle soient un peu plus heureux. Voilà une mission à laquelle je postule volontiers à défaut de pouvoir être pape cette fois-ci ! Mais Amélie a des côtés naïfs et agaçants - nul n'est parfait - dont se moquent avec tendresse les Fatals Picards en musique ou le Comité de la Claque en vidéo !
Ces détours par Montmartre m'ont été particulièrement profitables dans un agenda qui continue de se remplir dangereusement et dans une actualité pas simple à gérer. De fait, comment se positionner au milieu des rudes débats idéologiques sur la famille ? Car je suis à la fois sensible au courage d'un député de gauche de la Martinique à l'Assemblée Nationale et à la souffrance de ceux qui se sentent méprisés par l'Eglise et par la société à cause de leurs choix intimes. Et quelles leçons tirer de la renonciation du Pape ? Bien sûr, il fait preuve d'une réelle lucidité mais comment cette décision inédite sera-t-elle l'occasion pour nous-Eglise de quitter nos réflexes identitaires et nos trop grandes certitudes (où est notre humour ?) et aussi de nous laisser bouger par l'Esprit à l'oeuvre dans un monde passionnant ? Le Carême vient à point nommé pour accueillir paix et joie dans toutes ces tensions. A suivre !
Bon début de Carême,
Manu Grandin(gue)

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