dimanche 22 novembre 2015

la vie, je l'aime à mourir



Il faudra leur dire aux violents de notre époque : la vie n'est pas une corrida mais une chose belle et fragile qu'il faut aimer et faire croître encore et encore. Tout le monde y pense en ces temps de deuil : sans douceur, joie et rire partagés, et aussi sans foi dure comme fer en un Dieu extrémiste en bonté, impossible de traverser ensemble les murs de poussière

Et dire qu'il y a 3 semaines à Saint Denis, fin octobre, nous étions dans une grande joie et pleins de beaux chants (on a failli prendre petite Marie) dans l'église de l'Estrée pour la célébration de mes derniers voeux. Toute ma famille était présente (merci à Fredy, à ses enfants, à nos parents, à ma "marraine") ainsi que de nombreux amis, parents et jésuites de toute la France, CVX et MEJ du 93 et même 2 évêques. Merci pour tous les messages et gestes d'amitié de ceux qui étaient absentsSur mes longs chemins de traverse pour faire un homme et un jésuite, les combats n'ont pas manqué mais Dieu continue de me conduire par ses inspirations bizarres où c'est écrit : "toi le béni boiteux ose la confiance car je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai !"

C'est pourtant à 200 m de cette même église qu'a eu lieu l'assaut de mercredi dernier, église aux portes défoncées par une police aux abois. Dire que le Pape voulait que toutes les églises aient les portes ouvertes. A saint Denis, c'est fait :( Les mots manquent pour consoler les proches des victimes, ceux qui pleurent ou qui sont paralysés par la peur. Et Dieu lui-même ne peut que pleurer à son tour : Si j'ai bien toute ma mémoire Disait Dieu dans un coin du ciel J'avais commencé une histoire Sur une planète nouvelle, toute bleue Bleue, pour pas qu'on la confonde Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait J'y avais mis des gens de passage Et j'avais mélangé les couleurs Je leur avais appris le partage Ils avaient répété par cœur "Toujours" ! tous toujours dans la même ronde Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait Je me souviens d'avoir dit aux hommes / Pour chaque fille une colline de fleurs Et puis j'ai planté des arbres à  pommes Où tout le monde a mordu de bon cœur Et partout, partout des rivières profondes Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait Soudain toute la ville s'arrête Il paraît que les fleuves ont grossi Les enfants s'approchent, s'inquiètent Et demandent "pourquoi tous ces bruits ?" Sans doute, Dieu et sa barbe blonde Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde Et qui pleure de le voir tel qu'il est ! Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde Et qui pleure de le voir tel qu'il estCourage à chacun pour ce qu'il porte ces jours-ci et en union de prières pour notre monde. 

Malgré mon déménagement dans le 16ieme (je n'habite pas vraiment dans une cabane de pêcheur ni ne dors chez la dame de Haute Savoie, ça veut rien dire, suis juste fatigué) et moins de transport au quotidien, mon rythme ne s'est pas ralenti ces dernières semaines. Il y a eu InigoLib sur l'écologie chrétienne avec plus de 180 jeunes en vue de la COP 21 (merci à Marthe and co), des réunions pour accélérer les changements au RJI qui va désormais s'appeler le "réseau Magis" (nouveau site internet, tout et tout), une émission télé sur la prière et bien sûr le lancement des JMJ de Pologne avec Maud.

Snif, nous voici bientôt en hiver et puis parfois le quotidien est lourd et plein de combats pour rester disponible, joyeux et fraternel. Mais je reste confiant et continue de chanter (c'est la Sainte Cécile) et de rire :))

A bientôt
Manu Grandingue (plus que jamais)