Il faudra leur dire aux violents de notre époque : la vie n'est pas une corrida mais une chose belle et fragile qu'il faut aimer et faire croître encore et encore. Tout le monde y pense en ces temps de deuil : sans douceur, joie et rire partagés, et aussi sans foi dure comme fer en un Dieu extrémiste en bonté, impossible de traverser ensemble les murs de poussière.
Et dire qu'il y a 3 semaines à Saint Denis, fin octobre, nous étions dans une grande joie et pleins de beaux chants (on a failli prendre petite Marie) dans l'église de l'Estrée pour la célébration de mes derniers voeux. Toute ma famille était présente (merci à Fredy, à ses enfants, à nos parents, à ma "marraine") ainsi que de nombreux amis, parents et jésuites de toute la France, CVX et MEJ du 93 et même 2 évêques. Merci pour tous les messages et gestes d'amitié de ceux qui étaient absents. Sur mes longs chemins de traverse pour faire un homme et un jésuite, les combats n'ont pas manqué mais Dieu continue de me conduire par ses inspirations bizarres où c'est écrit : "toi le béni boiteux ose la confiance car je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai !"
C'est pourtant à 200 m de cette même église qu'a eu lieu l'assaut de mercredi dernier, église aux portes défoncées par une police aux abois. Dire que le Pape voulait que toutes les églises aient les portes ouvertes. A saint Denis, c'est fait :( Les mots manquent pour consoler les proches des victimes, ceux qui pleurent ou qui sont paralysés par la peur. Et Dieu lui-même ne peut que pleurer à son tour : Si j'ai bien toute ma mémoire Disait Dieu
dans un coin du ciel J'avais commencé une histoire Sur
une planète nouvelle, toute bleue Bleue, pour pas qu'on la confonde Je
vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes
en ont fait J'y avais mis des gens de passage Et
j'avais mélangé les couleurs Je leur avais appris le partage Ils
avaient répété par cœur "Toujours" ! tous toujours dans
la même ronde Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir
ce que les hommes en ont fait Je me souviens d'avoir dit aux hommes /
Pour chaque fille une colline de fleurs Et puis j'ai planté des
arbres à pommes Où tout le monde a mordu de bon cœur Et
partout, partout des rivières profondes Je vais aller m'asseoir sur
le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait Soudain
toute la ville s'arrête Il paraît que les fleuves ont grossi Les
enfants s'approchent, s'inquiètent Et demandent "pourquoi tous
ces bruits ?" Sans doute, Dieu et sa barbe blonde Dieu
qui s'est assis sur le rebord du monde Et qui pleure de le voir tel
qu'il est ! Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde Et
qui pleure de le voir tel qu'il est. Courage à chacun pour ce qu'il porte ces jours-ci et en union de prières pour notre monde.
Malgré mon déménagement dans le 16ieme (je n'habite pas vraiment dans une cabane de pêcheur ni ne dors chez la dame de Haute Savoie, ça veut rien dire, suis juste fatigué) et moins de transport au quotidien, mon rythme ne s'est pas ralenti ces dernières semaines. Il y a eu InigoLib sur l'écologie chrétienne avec plus de 180 jeunes en vue de la COP 21 (merci à Marthe and co), des réunions pour accélérer les changements au RJI qui va désormais s'appeler le "réseau Magis" (nouveau site internet, tout et tout), une émission télé sur la prière et bien sûr le lancement des JMJ de Pologne avec Maud.
Snif, nous voici bientôt en hiver et puis parfois le quotidien est lourd et plein de combats pour rester disponible, joyeux et fraternel. Mais je reste confiant et continue de chanter (c'est la Sainte Cécile) et de rire :))
A bientôt
Manu Grandingue (plus que jamais)
A bientôt
Manu Grandingue (plus que jamais)

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