jeudi 29 décembre 2016

Apprendre que... ça n'est pas c'qu'on fait qui compte

Encore une année riche où les rencontres tous azimuts, les ajustements (lettre à mon père ;), un moustachu à la tête de la Compagnie de Jésus (non c'est pas Brassens, c'est un vénézuélien qui s'appelle Arturo Sosa), les joies apostoliques vécues ensemble (vive le nouveau réseau MAGIS, un super assemblement Inigolib (merci Cécile) et les JMJ avec de belles petites phrases du pape), la vie communautaire (c'est assez rare pour devoir le souligner :), les découvertes exotiques (oui, oui, je parle de l'aumônerie de Centrale), l'énergie de ma douce folie et le silence intérieur (on dirait pas hein ?) ont mis du soleil sur l'agenda. "Bien sûr" les tristesses n'étaient jamais loin : la bêtise (que Dieu nous prenne en pitié), les rumeurs (il paraît que je prends trop de place) et l'absence des êtres chers (c'est loin la Martinique quand même, sans parler de Gaillac, de Sainté ou de Nantes) ont pesé. Parfois, avec le rythme fou qui était le mien, j'ai cru vivre sans vivre ou même oublier ceux qui comptent, les gens sans importance. Ce sont ces gens avec des gestes quotidiens Qui font renaître l'espérance Et le bonheur entre leurs mains. Ce sont des gens sans artifices Qui vous sourient quand ils sont bien Et vont cacher leurs cicatrices Parmi les fleurs de leurs jardins. À tous ces gens sans importance Avec lesquels on est si bien Qui font renaître l'espérance Et sans lesquels on n'est plus rienEuh je parle de vous là ! Merci d'être là :) Oui, ouf, je continue d'avancer lentement mais sûrement en acceptant d'être pleinement moi-même et en comprenant un peu mieux que ça n'est pas c'qu'on fait qui compte. Re-ouf, j'ai toujours la guitar... le piano et la foi qui me démangent :)

Au moins 3 confirmations cette année. 1) j'aime toujours apprendre, ne serait-ce qu'à lire entre les lignes (hum, les relations humaines sont complexes) et à écrire mon histoire. Un livre, entre spiritualité ignatienne et connaissance de soi, m'y a aidé : "comme soi-même, aimer son prochain" (à commander ici, merci Denis). Denis avait aussi écrit quelque chose sur ordonner son temps mais je ne sais pas pourquoi cela m'avait moins rejoint ;) 2) ma vocation est bien de mettre des gens et des institutions en relation, en réseau et d'être comme un petit pont de bois qui ne tient plus guère Que par un grand mystère Et deux piquets tout droits. Un petit pont bizarre qui Enjambe un nénuphar Au milieu des fougères Pour aller nulle part Et pourtant j'en suis fier (oui, c'est de la poésie). Cela n'est pas toujours de tout repos et je me plante régulièrement mais je m'y colle et je fais ma part comme le colibri. 3) Je reste enfin bien "écrasé" par la souffrance du monde (en Syrie ou ailleurs : pour les enfants du monde entier) et les drames intimes (pour que tu ne peurs pas) dont je suis souvent témoin par ma place de prêtre. Et les prières ne suffisent pas toujours à consoler et à soutenir. Je souhaite à chacun pour 2017 de trouver un peu de douceur et d'être capable de donner et de recevoir ces gestes délicats dont nous avons tous tant besoin.
Merci de votre patience et de votre soutien. On avance : # BE MAGIS. Biz et bénédictions. P. Manu Grandingue
P.S : une grande chanson de Duteil manque, une de celles qui font aimer notre pays. Laquelle ?


samedi 3 septembre 2016

En Pologne, j'étais sapé comme jamais !


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C'est déjà la rentrée et évidemment ça marche avec son lot de réunions, de retrouvailles joyeuses, de stress et de new challenges puisque par exemple j'm tire à mi-temps comme aumônier en école d'ingénieurs, en plus du réseau MAGIS ! Comme le 9.3 me manque un peu et pour ne pas perdre mes repères et ma direction, cette page est colorée avec Maître Gims. Bon, c'est vrai il se prend souvent au sérieux et on ne comprend pas toujours les paroles de ses chansons mais il a la classe, des clips clinquants et plein d'énergie et ça me va.

Depuis avril, je n'ai pas vraiment chômé. J'étais parfois comme un zombie, à la limite du game over, avec des préparatifs qui s'accéléraient pour ces "bella JMJ" (nombreuses rencontres avec jeunes et accompagnateurs, voyage de reconnaissance en Pologne à l'occasion de l'ordination d'un ami sj de ma communauté, petites complications logistiques et financières : bravo encore à Maud et à toute l'équipe). Et puis qui dit fin d'année, dit relectures, lancement de nouveaux projets et quelques beaux fruits comme le nouveau site internet du réseau (http://reseau-magis.org/) et une dynamique vidéo de présentation du réseau. Des fois, je disais à mon lit et aux amis que j'ai vus de moins en moins cette année (encore pardon) : "tu vas me manquer" !

Alors donc cet été ? D'abord 2 super mariages où j'ai fait de belles rencontres qui j'espère ne seront pas des one shot. Puis programme MAGIS de 3 semaines en Pologne avec 150 jeunes motivés (parfois étranges mais ils n'étaient pas les seuls ;) pour des JMJ de folie, aventure commencée avec les amis mauritiens et terminée avec des haïtiens un peu perdus à Cracovie. Chapeau bas aux polonais qui ont assuré au niveau organisation (sauf pour les transports) et au niveau de l'hospitalité. J'ai payé de ma personne puisque j'étais sappé comme jamais (7 jours en col romain !) et j'ai animé avec d'autres à Cracovie divers ateliers (avec l'association sur le dialogue interreligieux "CoExister", sur la politique et sur le discernement). Quelques tracas logistiques à laisser passer, un contexte d'insécurité et de repli identitaire à dépasser et une hypersensibilité aux drames divers du monde à digérer mais tout cela vécu sur un fond de grande joie partagée avec beaucoup. Merci et longue vie au pape François de nous avoir invité en Pologne et de nous avoir aidé à "succomber à la miséricorde". A chacun, amoureusement il est dit et redit (mais le croyons-nous vraiment ?) : "j't pardonne".

Au retour et après quelques jours encore de travail, j'ai vécu un bon temps de retraite avec des jésuites de Marseille à l'abbaye de Tamié, près d'Albertville (souvenirs, souvenirs, je n'y étais pas allé depuis 5 ans et quel plaisir de réentendre du Didier Rimaud qui a si souvent inspiré ma prière et m'a offert le principe muscial de ce blog). C'était une lecture continue et priante de l'évangile de Saint Luc, et pour ne pas changer, à la manière d'un certain saint Ignace de Loyola. Plus que jamais je grandis grâce à la parole tendre et intime : "est-ce que tu m'aimes ?" Puis ce fut un beau temps  de vacances à Bordeaux toujours avec des copains jésuites (très "jésuite" cet été finalement). Et puis donc, c'est reparti avec un nouvel Inigolib et une belle rentrée des équipes MAGIS !
On reste en contact, courage à chacun dans les épreuves (courage Hélène, courage Frédérique), biz et bénédictions,
Manu Grandingue qui se la joue gansta

dimanche 10 avril 2016

En avril, laissons agir le pouvoir des fleurs et de ce sacré pape




Nous voici déjà en avril et mon rythme reste toujours aussi rock'n roll(collection) mais le moral est bon ! Qui sait si un jour, je ne pourrai pas enfin ralentir le rythme, c'est mon rêve (de pêcheur). 

Que d'événements depuis le dernier post du blog : en même temps que le printemps et ses fleurs est enfin arrivée l'exhortation sur la famille qui ne plaira pas à tout le monde. Comme ça fait pourtant du bien d'entendre ceci : « Le Synode s’est référé à diverses situations de fragilité ou d’imperfection. À ce sujet, je vou­drais rappeler ici quelque chose dont j’ai voulu faire clairement part à toute l’Église pour que nous ne nous trompions pas de chemin : « Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer […]. La route de l’Église, de­puis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration […]. Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde ‘‘imméri­tée, inconditionnelle et gratuite’’. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. » (n°295-296). Il y a donc du travail pour oeuvrer dans cette direction. Il s'agit bien de continuer à succomber à la miséricorde (nom du blog pour préparer les JMJ) sans avoir peur d'avoir un coeur (grenadine)... oui c'était facile à faire !
Vue depuis le Foyer de Charité où je donnais une retraite en Mtq

Depuis novembre, il y a eu aussi plein d'événements dans mon petit monde : l'accélération des préparatifs pour les JMJ (grâce à Maud, on sera une délégation Magis de 157 en Pologne cet été, sans parler du projet avec la communauté de l'Arche), un nouveau nom pour le réseau (MAGIS) qui entraîne pas mal de changements au niveau Com' ("bientôt" un nouveau site internet, plus de moyens et de coordination), le travail sur un génial petit livre écrit par un dominicain "petit manuel de speed dating avec Dieu", un concert de Zaz à l'Olympia (on était une sacrée foule sentimentalecomme cadeau de plusieurs pour mes 40 ans et pour mes derniers voeux, un voyage "adulte" sur notre belle île de la Martinique avec un bon temps en famille (merci à Frédy, aux parents, à Tatie Mireille). Et si je n'ai pas eu le temps de danser la biguine (chanson qui me fait pleurer en ce moment), j'ai vécu un accueil incroyable sur notre paroisse (merci Père Jacek) et animé une belle retraite à Trinité. Le travail a bien sûr repris bien vite en métropole avec de bien belles initiatives pastorales : WE des accompagnateurs Magis avec Pascale, Marianne..., la semaine sainte avec les amies Auxis sur Paris et un WE de Pâques de folie - Jésus est bien ressuscité - au centre Manrèse avec Luc, Geneviève, Cécile and co. Merci Seigneur et à tous pour les dons partagés et les fruits auprès des jeunes et des moins jeunes.

Plusieurs ombres au tableau avec quelques relations qui se durcissent (avec l'âge, je ne m'assouplis pas en fait, paradoxal system), des souffrances chez plusieurs couples (dernier livre de Jean-Claude Kauffman : "piégée dans son couple") et aussi de nouveaux attentats à Bruxelles. J'ai envie de prier fort (avec le pape : clik to pray) et de crier : Tape sur nos systèmes L’envie que tout l’monde s’aime Le soleil donne Ce vieux désir super Qu’on s’rait tous un peu frères Le soleil donne / Le soleil donne De l’or intelligent Le soleil donne La même couleur aux gens La même couleur aux gens Gentiment Feel the fire in your blood Make believe we’re all in love n the sundance You can dream the sweetest games Hold hands around the flames In the sundance / In the sundance The gold keeps coming down In the sundance White’s turning into brown And rain don’t stay around Painting the town We’re just dancing In the sundance Nace el deseo De quererse mas Ole el sol... Soyons confiants dans notre capacité à grandir et à nous faire grandir les uns les autres. Vidéo ici.
Ce chant en plusieurs langues est un beau symbole de mon quotidien entre le français, l'anglais (Skype avec les polonais, voyage ces jours-ci à Budapest pour une réunion jésuite européenne sur le recrutement... euh les vocations) et l'espagnol qui reste toujours la langue qui me plonge dans la nouvelle vie reçue en partie grâce au Chili.
Bon temps de Pâques, 

God bless you all
Father Manuel Grandin(gue)

dimanche 22 novembre 2015

la vie, je l'aime à mourir



Il faudra leur dire aux violents de notre époque : la vie n'est pas une corrida mais une chose belle et fragile qu'il faut aimer et faire croître encore et encore. Tout le monde y pense en ces temps de deuil : sans douceur, joie et rire partagés, et aussi sans foi dure comme fer en un Dieu extrémiste en bonté, impossible de traverser ensemble les murs de poussière

Et dire qu'il y a 3 semaines à Saint Denis, fin octobre, nous étions dans une grande joie et pleins de beaux chants (on a failli prendre petite Marie) dans l'église de l'Estrée pour la célébration de mes derniers voeux. Toute ma famille était présente (merci à Fredy, à ses enfants, à nos parents, à ma "marraine") ainsi que de nombreux amis, parents et jésuites de toute la France, CVX et MEJ du 93 et même 2 évêques. Merci pour tous les messages et gestes d'amitié de ceux qui étaient absentsSur mes longs chemins de traverse pour faire un homme et un jésuite, les combats n'ont pas manqué mais Dieu continue de me conduire par ses inspirations bizarres où c'est écrit : "toi le béni boiteux ose la confiance car je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai !"

C'est pourtant à 200 m de cette même église qu'a eu lieu l'assaut de mercredi dernier, église aux portes défoncées par une police aux abois. Dire que le Pape voulait que toutes les églises aient les portes ouvertes. A saint Denis, c'est fait :( Les mots manquent pour consoler les proches des victimes, ceux qui pleurent ou qui sont paralysés par la peur. Et Dieu lui-même ne peut que pleurer à son tour : Si j'ai bien toute ma mémoire Disait Dieu dans un coin du ciel J'avais commencé une histoire Sur une planète nouvelle, toute bleue Bleue, pour pas qu'on la confonde Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait J'y avais mis des gens de passage Et j'avais mélangé les couleurs Je leur avais appris le partage Ils avaient répété par cœur "Toujours" ! tous toujours dans la même ronde Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait Je me souviens d'avoir dit aux hommes / Pour chaque fille une colline de fleurs Et puis j'ai planté des arbres à  pommes Où tout le monde a mordu de bon cœur Et partout, partout des rivières profondes Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde Voir ce que les hommes en ont fait Soudain toute la ville s'arrête Il paraît que les fleuves ont grossi Les enfants s'approchent, s'inquiètent Et demandent "pourquoi tous ces bruits ?" Sans doute, Dieu et sa barbe blonde Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde Et qui pleure de le voir tel qu'il est ! Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde Et qui pleure de le voir tel qu'il estCourage à chacun pour ce qu'il porte ces jours-ci et en union de prières pour notre monde. 

Malgré mon déménagement dans le 16ieme (je n'habite pas vraiment dans une cabane de pêcheur ni ne dors chez la dame de Haute Savoie, ça veut rien dire, suis juste fatigué) et moins de transport au quotidien, mon rythme ne s'est pas ralenti ces dernières semaines. Il y a eu InigoLib sur l'écologie chrétienne avec plus de 180 jeunes en vue de la COP 21 (merci à Marthe and co), des réunions pour accélérer les changements au RJI qui va désormais s'appeler le "réseau Magis" (nouveau site internet, tout et tout), une émission télé sur la prière et bien sûr le lancement des JMJ de Pologne avec Maud.

Snif, nous voici bientôt en hiver et puis parfois le quotidien est lourd et plein de combats pour rester disponible, joyeux et fraternel. Mais je reste confiant et continue de chanter (c'est la Sainte Cécile) et de rire :))

A bientôt
Manu Grandingue (plus que jamais)