vendredi 22 novembre 2013

J'avance comme un funambule heureux

C’est la sainte Cécile, patronne des musiciens et des chanteurs. Quelle traversée depuis cette même fête en 2011 au Chili. Je ne sais pas si je perdrai un jour cette sensation d'être dans les vagues ni quand viendra le bout du tunnel mais une réalité grandit avec joie : au théâtre de ma vie depuis quelques temps, j'accepte d'être un funambule heureux : "j'avance loin des certitudes Les pieds sur terre l'air dans ma bulle L'équilibre est une attitude » (paroles du dernier disque de Grand Corps Malade).

Pourquoi ce changement ? Bien sûr les bananes ont bien combattu à mes côtés et j'ai reçu un sacré coup de pouce du bon pape François. Plus sérieusement la pause spirituelle outre-atlantique continuent de porter des fruits de lucidité (j'ai mis des mots sur mes peurs) et de louange pour les nombreux talents et liens reçus. Clairement, les lignes de la main ne disant rien, c'est à moi qu'il revient de vivre avec Dieu le passé avec gratitude, le présent avec passion et le futur avec confiance (titre d'une session chez les soeurs du Cénacle pour les jeunes mi-décembre : on s'inscrit ici :)



Et mon actualité ? Peu de choses ont changé depuis l'été : toujours autant (et trop) d’activités au RJI et aussi dans le 93. Beaucoup de joies (fêtes réussies à l’église St Ignace, belles amitiés à la MT ou ailleurs, meilleure connaissance de la famille ignatienne et du quartier, trouver les occasions de rire et de chanter) et quelques tristesses (turbulences dans l’équipe du RJI, lenteurs dans les missions dans le 93, maladies de plusieurs amis : courage Marie-Thérèse !).

Quelques nouveautés quand même : un site intelligent sur Jésus, un site spirituel rénové et beau (bravo Grégoire pour ND Web !) et de vraies avancées dans le projet de retraites spirituelles en Martinique au mois de mars avec l'ami Michel Roger. A suivre.

Dans ce froid qui arrive, deux invitations : manger des bananes (5 fois par jour) et profiter des précieux moments de tendresse. Car comme dit François : « nous ne devons pas avoir peur de la bonté et même pas non plus de la tendresse de Dieu !» (homélie d’installation.

A bientôt,
Manu Grandin(gue) 

jeudi 22 août 2013

Entre profondeur et fête : la musique dans la peau !




L'été est passé à toute vitesse et depuis Juin, je n'ai pas touché terre ni donné de nouvelles aux uns et autres. Et pour cause, c'était un sacré challenge de soutenir les 240 jeunes de notre réseau partis au Brésil dans l'opération Magis ! C'était un pari tout aussi exigeant et passionnant que celui de faire vivre l'esprit festif et exotique de Rio en Ardèche ! Pari tenu pour presque 300 jeunes, enfants et adultes. Pari tenu grâce au travail de beaucoup (Véronique, Sylvie, Xavier, les 3 Benoît, MarieO...) et grâce aux rythmes proposés par le groupe Mal’ak (amis musiciens stéphanois) qui ont bien assuré (merci à God and co). En plus, il y avait 22 nationalités représentées (sans compter la Bretagne et la Martinique) : profondeur et fête étaient bien au RV : plus d'échos sur le site jesuites.com ! J'ai encore bien progressé dans les domaines de la Com' (plusieurs médias présents), l'organisation logistique et les ressources humaines. Après ces semaines bien denses et tendues (c'est sûr maintenant je dors sur mes 2 oreilles), j'ai rejoint en Bretagne ma communauté pour 8 jours de silence et de musique monastique à l'Abbaye de Landevennec, histoire de ne pas oublier QUI est mon moteur et la source de la vraie joie. Autre ambiance que Lalouvesc : en me promenant sur le bord de mer, je m'attendais même à voir débarquer la tribu de Dana !



Mais les joies n'occultent pas qu'au coeur de cet été les tensions continuent de marquer notre monde (pensées pour Marlène, amie égyptienne qui s'est mariée dans des conditions pas faciles ainsi que pour les jésuites du Proche-Orient que je connais). Combien d'épreuves aussi dans la vie familiale et professionnelle de plusieurs. Confiance et courage : nous ne sommes pas seuls dans le combat contre la tristesse, Dieu n'est jamais loin. Un seul mot d'ordre : patiemment tenir debout (Ké sa lévé : vidéo ci-contre). Et la musique reste un vrai soutien contre la morosité surtout quand on l'a dans la peau !

Bonne fin d'été, Manu Grandin(gue)

P.S : RV avec certains d'entre vous le 8 Septembre prochain à la Messe qui prend son temps à Paris...

mardi 4 juin 2013

Je me raccroche à la vie


Difficile d'appeler au secours quand tant de drames nous oppressent et les larmes nouées de stress / Etouffent un peu plus les cris d'amour de ceux qui sont dans la détresse et dans un dernier espoir disparaissent / Et je cours, je me raccroche à la vie, je me saoule avec le bruit des corps qui m'entourent comme des lianes nouées de tresses sans entendre la détresse des mots que j'envoie...

Après le décès de Lionel sur notre quartier, il y a eu les départs de Marthe, amie mère d'élève de St Etienne, et de Laurent, proche de ma famille en Martinique. Et puis il y a le coma de la maman d'un co-novice, l'AVC d'une autre maman de jésuite, des amis qui cherchent du boulot, etc. Il y a des périodes comme ça où les détresses des autres nous sautent aux yeux et aux oreilles. Mais je ne peux pas croire que tous ces cris, ces SOS se perdent dans le vide. Je comprends combien face à ces drames, je ne suis pas un héros. Oui, il faut bien "sauver l'amour" mais  il n'y a qu'un seul Sauveur et ce n'est pas moi. J'essaie simplement de faire confiance à cet ami qui a travesé aussi la mort et l'épreuve.


Drôle de période en tout cas où la gravité des deuils côtoie la légèreté avec : un soleil qui revient (je rêve de nouveau d'Amérique Latine), les occasions formidables d'être chanteurla force d'une Eglise proche des pauvres (vidéo du rassemblement Diaconia-Lourdes) et de belles rencontres au MacDo avec l'Aziza ou Iron Man (oui, je suis très fatigué).

On avance désormais vers l'été et donc vers le Festival JMJ Lalouvesc Pour la Com', on fait de notre mieux sans se prendre au sérieux (vidéo). 

Vous y êtes les bienvenus ! 

A bientôt, Manu Grandin(gue)

mercredi 8 mai 2013

La prière suffit-elle ?


Par le petit garçon qui meurt près de sa mèreTandis que des enfants s´amusent au parterreEt par l´oiseau blessé qui ne sait pas commentSon aile tout à coup s´ensanglante et descendPar la soif et la faim et le délire ardentJe vous salue, Marie.
Le retour du soleil met du baume au coeur et fait sortir les amoureux sur les bancs publics du parc de la légion d'honneur qui touche la basilique St Denis. C'est fou comme le printemps rend toujours un peu plus sensible aux  jolies fleurs et aux charmes de la brave Margot, de Pénélope, de Fernande ou de la femme d'Hector... Mais la joie ces jours-ci côtoie la tristesse la plus profonde : celle d'une famille proche de notre communauté qui vit le cauchemar de la mort de leur fils de 16 ans tabassé par d'autres jeunes du quartier à moins de 100 m de notre HLM. Pourquoi tant de violence et de bêtise (quand on est con, on est con) ? La prière suffit-elle devant tant de non-sens ? Pas grand chose à faire ou à dire, juste ne pas perdre le souvenir que mort et résurrection restent intimement liées.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poidsS´écrie: " Mon Dieu! " par le malheureux dont les bras Ne purent s´appuyer sur une amour humaine Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène Par le cheval tombé sous le chariot qu´il traîne Je vous salue, Marie.


Dans un autre ordre d'idées, ce mois de Mai est l'occasion de nombreuses célébrations : funérailles malheureusement mais aussi ordinations de copains d'abord (plus qu'une semaine pour Grégoire !), communions et confirmations des jeunes sur la paroisse... Si cela peut être l'occasion de vivre de beau temps d'amitié, revient souvent en particulier pour les plus jeunes cette impression d'ennui face à des liturgies (tempête dans un bénitier) loin du quotidien des personnes. Une manière originale de moins s'ennuyer durant les homélies est : ce jeu ! 
Par la mère apprenant que son fils est guéri 
Par l´oiseau rappelant l´oiseau tombé du nid 
Par l´herbe qui a soif et recueille l´ondée 
Par le baiser perdu par l´amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie 
Je vous salue, Marie.


Autres news : je continue de me débattre avec l'anglais en vue d'autres rencontres jésuites à venir ; le travail reste toujours aussi prenant (en particulier recherche de fonds, si vous connaissez des gens avec des comptes en Suisse...) mais le moral reste bon grâce à Dieu et aux bananes.A bientôt, Manu Grandin(gue) 



mercredi 17 avril 2013

Our God is an awesome God : notre Dieu est un Dieu de merveilles

Eau ou whisky ? Il faut choisir...

Ma semaine est sous le double signe des vocations et de l'anglais. 3 raisons à cela : 1. vendredi dernier, invité par Sr Nathalie Becquart à la journée nationale des responsables vocations à la CEF, j'animais un atelier sur la pédagogie de la décision ; 2. préparant avec des musiciens de la MT la veillée de ce vendredi (Nuit des Apôtres), je ne fais que chantonner "Our God is an awesome God" ; 3. mais surtout je passe quelques jours en Irlande to participate at an international meeting entre responsables jésuites des vocations.  Vous me croyez si je vous dis que j'ai commencé par perdre les indications pour rejoindre la communauté à Dublin et que les mots qui sortaient de ma bouche étaient seulement en espagnol. Faut être patient envers soi-même des fois...
A l'occasion de cette rencontre, je comprends mieux la complexité des approches et des inquiétudes sur ce sujet du "recrutement": comment donner envie à des jeunes de connaître Ignace de manière humoristique (voir vidéo) ou même en Rap ou les inviter à rejoindre the Society of Jesus ? En quoi l'élection du pope Francis peut-il nous aider à être mieux repérables dans l'univers catholique ?... Une certitude : tout cela ne dépend pas que de nous ;)

Toutes ces discussions sérieuses ne m'ont pas empêché de découvrir la musique irlandaise moderne (Julie Feeney, so nice !) ou d'avoir des discussions animées sur Obama !

Je continue mon petit bonhomme de chemin, en espérant un jour mieux organiser mon temps que je ne le fais en ce moment... le RJI n'est pas de tout repos et les sollicitations ne manquent pas dans le 93 ou ailleurs...

God bless you, best wishes,
Manu Grandin(gue)

mercredi 20 mars 2013

New style avec François


Les jésuites font une drôle d’expérience depuis 1 semaine. Nous qui sommes plutôt à l’aise comme conseillers au service (si, si, je vous assure) des rois et des papes (ben oui quand même), nous voici sous les feux des projecteurs. Mercredi 13 mars 19 h 15 : fumée blanche à Rome. De mon côté, je suis dans le métro vers le Sud de Paris où je vais dîner dans une communauté des Sœurs du Sacré Cœur et ce sont les SMS des uns et des autres qui m’annoncent la nouvelle. Puis c’est un coup de fil du journal « La Vie » à 20 h 20 qui m’apprend que c’est un latino jésuite qui a été élu. Dans mes prières, j'avais dit "jésuite du Sud originaire du François". Les cardinaux n'ont pas du trouvé la Martinique et ont continué jusqu'à l'Argentine et celui-ci a pris le nom de François. Promis, je ferai mieux et me sens déjà prêt pour le prochain conclave ;) Bref, j'ai été interviewé sur le champ et j’ai essayé d’être prudent à défaut d’être très original. A 20 h 50, mon commentaire est déjà sur leur site Le nouveau pape s’appelle donc François, chaque jour il pose des gestes pleins de simplicité et de bonté et cela réjouit le cœur des personnes : oh happy day ! Jeudi : le Centre Sèvres, l’église St Ignace et la rue d'Assas où je bosse au RJI sont assiégés par des journalistes. Vendredi : une équipe de France 3 fait même un reportage sur ma communauté de St Denis. WE à Aix en Provence entre jésuites travaillant auprès des jeunes : certains sont carrément devenus papaulâtres ! Blague : avec François, on aura au moins un jésuite qui obéira entièrement au pape !
Une semaine après, le déferlement médiatique - avec son côté Sister Act - tombe heureusement un peu mais des questions demeurent : tout ça pour ça ? quelle est donc la logique de ce monde qui se passionne d'un coup pour l'élection d’un responsable de religion qu’on s’empressera d’attaquer à la moindre fausse note ? N’est-ce pas en même temps le signe que beaucoup recherchent un sens aux choses et qu’une figure comme celle de François met du baume au cœur ? Mais quelle sera vraiment sa marge de manœuvre ?... A nous de ne pas tout attendre de lui mais d'essayer de faire bouger ce monde qui est dans nos mains ! Inspirons-nous en tout cas de ce nouveau style pour prendre les évènements avec bonté et avec hu-mour (HUmilité et aMOUR), sûrs que le Christ est au travail dans nos vies et dans ce monde et qu'on peut en confiance le suivre (clin d'oeil à un autre pape dans ce clip).
A suivre.
Vivement le printemps.
Bonne semaine sainte !

Manu Grandin(gue)

vendredi 15 février 2013

Un lieu qui compte pour moi : Montmartre


Le "hasard" a permis ces dernières semaines que je me retrouve à plusieurs reprises à Montmartre : avec des chiliens de passage pour visiter les lieux fréquentés par St Ignace et les premiers jésuites (martyrium), avec des confirmants de la paroisse de St Denis à l'abbaye bénédictine, à la communauté des Soeurs du Cénacle avec qui se prépare le "Festival JMJ Lalouvesc" de l'été prochain ou seul pour prier et contempler. 

Contempler ainsi Paris fait remonter en moi 3 souvenirs précis : d'abord, mes longues balades (à l'époque je marchais encore !) à Dostaly, quartier où vit encore ma famille "au pays". Face à la mer, au ciel et au vent, une sensation de liberté et une foi en une présence plus grande que ma propre vie se sont inscrites à jamais en moi. Ce sont ces mêmes sensations que je ressens à Montmartre. Par ailleurs, je fais mémoire sur les marches de la Basilique de tous ceux, nombreux, à qui j'ai fait visiter ce lieu depuis 20 ans ou avec qui j'ai pris un verre ou assisté au super show d'évangélisation d'une chorale internationale...

Le dernier souvenir qui me revient : le film "Amélie Poulin" (2001). Bien sûr la musique envoûtante de Yann Tiersen m'habite encore (je l'ai écouté en boucle au Chili). Plus profondément encore, je reste touché par la douce nostalgie de ce personnage et par son énergie pour que les gens autour d'elle soient un peu plus heureux. Voilà une mission à laquelle je postule volontiers à défaut de pouvoir être pape cette fois-ci ! Mais Amélie a des côtés naïfs et agaçants - nul n'est parfait - dont se moquent avec tendresse les Fatals Picards en musique ou le Comité de la Claque en vidéo !


Ces détours par Montmartre m'ont été particulièrement profitables dans un agenda qui continue de se remplir dangereusement et dans une actualité pas simple à gérer. De fait, comment se positionner au milieu des rudes débats idéologiques sur la famille ? Car je suis à la fois sensible au courage d'un député de gauche de la Martinique à l'Assemblée Nationale et à la souffrance de ceux qui se sentent méprisés par l'Eglise et par la société à cause de leurs choix intimes. Et quelles leçons tirer de la renonciation du Pape ? Bien sûr, il fait preuve d'une réelle lucidité mais comment cette décision inédite sera-t-elle l'occasion pour nous-Eglise de quitter nos réflexes identitaires et nos trop grandes certitudes (où est notre humour ?) et aussi de nous laisser bouger par l'Esprit à l'oeuvre dans un monde passionnant ? Le Carême vient à point nommé pour accueillir paix et joie dans toutes ces tensions. A suivre !


Bon début de Carême,
Manu Grandin(gue)

dimanche 20 janvier 2013

Je ne fais que bouger, bouger...


Le froid et le stress se font bien sentir ces jours-ci. Hiver et responsabilités nouvelles obligent ! Pour combattre le froid ou rester cool dans l'adversité comme l'ami Obama (investi aujourd'hui et même pas fatigué), je ne connais pas mieux que Magic System. J'écoute ce groupe ivoirien depuis plus de 10 ans ("le 1er Gaou") et l'énergie qu'il dégage m'a souvent  porté. Clin d'oeil de la vie : cet univers musical m'a préparé à ma rencontre avec les Afriques que je découvre à St Denis dans la rue, dans les salons de coiffure ou dans les groupes que j'anime sur la paroisse. "Une" Afrique toute en rythme qui fait bouger bouger et ne parle que de foot (en ce moment, c'est la CAN) ; une Afrique combative qui sait qu'un monde fraternel est possible malgré le racisme ambiant, 
les inégalités (en rire avec le Jamel Comedy Club) et les combats des sans-papiers qui ont occupé l'église où je sévis ; une Afrique trop présente dans les médias à cause des mauvaises nouvelles au Mali et enfin une Afrique dont la sagesse donne à réfléchir (sur une idée de Brice, sj burkinabé) et à chanter (Kirikou) sur les choses essentielles.

Cette année 2013 est déjà marquée par de belles rencontres à St Denis comme au RJI où je prends la mesure de la tâche (si vous vous ennuyez la dernière semaine de Juillet prochain, j'ai des idées pour vous...). Et bien sûr, je continue avec patience et humour mon apprentissage d'homme debout, en particulier grâce à la lecture d'ouvrages de Christophe André. Cela vaut le détour.
A bientôt,
Manu Grandin(gue)

P.S : dire que le "Paris-Dakar" est passé à Arica, ville du Nord du Chili près du désert d'Atacama où j'ai séjourné avec bonheur il y a tout juste un an !